Texte et mise en scène : Noémie Terrail 
 
Avec : Noémie Terrail et (selon les distributions :) Typhaine Combes, Jonathan Massove, Aline Perrier, Louise-Anne Koeb, Marie-Claire Lambert, Jessica Frique, Margaux Tharre, Salomé Grielens, Aurélie Taveau 

Marilyn Monroe est devenue un mythe.

Son destin fascinant, où se mêlent le glamour et le désespoir, le succès et la solitude, est une vraie tragédie moderne.

Contact : Noémie Terrail - 06.70.56.44.29 - compagnie.kafeine@gmail.com
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Extraits vidéo et teaser :
Le Choryphée :

      « Je viens aujourd’hui parler au nom de l’auteure qui a composé cette tragédie ayant pour titre Marilyn. Cette histoire qu’elle veut vous raconter est celle d’une femme. Cette tragédie porte son prénom comme avant elle bien d’autres auteurs illustres ont donné à leur pièce celui de leurs héroïnes, ainsi Marilyn vient rejoindre Phèdre, Médée, Antigone, Andromaque, Electre… Une galerie d’héroïnes portant avec elles tous les charmes et tous les malheurs de la féminité. 
Derrière ce prénom chacun peut la reconnaître et c’est à elle qu’on pense immédiatement, cette égérie d’Hollywood, ce sex-symbol, ce visage et cette silhouette si célèbre : Marilyn Monroe, actrice américaine des années 50. 

        Pourquoi écrire sur Marilyn Monroe et la porter sur scène ? 
        Parce que Marilyn est devenue un mythe, elle en a l’incroyable force, l’immortalité, cette faculté de toucher les coeurs, les imaginaires, au-delà du temps et de la mort. 
      Marilyn, c’est un destin fascinant où se mêlent l’abandon et la gloire, le succès et la solitude, l’espoir et le malheur, et la mort enfin, qui vient frapper trop tôt, et finit de sceller le mystère. 

       Il y a chez Marilyn les traits d’une figure tragique. 

    Et c’est donc ainsi que l’auteure veut nous la raconter, dans cette pièce qui porte son prénom, son prénom seulement. Car ici, Marilyn se dépouille de Monroe, elle n’est plus cette icône sexy nécessairement blonde et bien roulée, elle devient Marilyn femme archétypale. Capable de cristalliser des préoccupations intemporelles et terriblement humaines… le besoin de reconnaissance, la tentation du désespoir, la quête de la beauté, la peur de la vieillesse… Capable d’être le miroir dans lequel chacun peut se voir et se reconnaître, reconnaître ses angoisses et ses doutes. 

          Si la tragédie se définit par le dilemme qu’elle pose à son héros ou héroïne et dont l’issue sera nécessairement funeste, cette pièce en est bien une. Car Marilyn est son propre dilemme, tiraillée entre la star et la fille inconnue et incapable de savoir qui elle est vraiment. 
Pourquoi s’inspirer d'une tradition si vieille, celle de la tragédie telle qu’ont pu nous la léguer les grands auteurs de l’antiquité ? Parce que dans ses codes réside une magie qui fait l’essence même du théâtre et son pouvoir. 

         Ici une comédienne, seule en scène, protagoniste, et la présence d’un choeur, des voix de femmes qui résonnent et se font l’écho du public, c'est-à-dire de tous ceux qui posent ou ont posé un regard sur Marilyn, eux, vous, nous. Une arène de lumières se dessine en filigrane, écho des feux de la rampe et de l’orchestra des théâtres antiques où évoluait le choeur. 
         Un univers hors du temps, hors du monde que nous connaissons, hors de notre réalité et dans lequel le spectateur doit être transporté. 
Une musique qui passe par les percussions, les cordes, la voix mais sans parole. Une musique qui imprègne le corps et peut évoquer autant l’époque contemporaine que des temps immémoriaux. Et dans cette scénographie, enfin, le texte prend vie. Un texte entièrement composé en alexandrins pour servir et exalter le pouvoir incantatoire de la parole. 
Je vous ai presque tout dit et ce serait un crime d’aller plus loin car le théâtre ne se raconte pas, il se vit. 

          De nos jours on trouve mon rôle inutile et moi coryphée, je n’ai plus beaucoup de travail, à part peut-être dans quelques vieilles tragédies qu’on dépoussière et qu’on rejoue parfois. Alors par fidélité à l’époque, à l’esprit et au texte, on me laisse monter sur scène pour déclamer ma parabase. 
      Pourtant aujourd’hui encore et peut être plus que jamais mon discours est nécessaire. Parler en liberté, interpeller le public, bousculer les détracteurs, défendre les poètes, les anciens comme les vivants. 
         Alors pour conclure je vous livre ces mots, empruntés à Aristophane, écrit il y a plus de 2000 ans, des mots adressés aux Athéniens de l’époque mais toujours d’actualité : « A l’avenir aimez et honorez mieux les poètes qui chercheront et trouveront des idées nouvelles ; conservez leurs pensées, recueillez les précieusement, comme des fruits dans vos armoires. Si vous avez ce soin, vos vêtements exhaleront toute l’année un parfum de sagesse »

Noémie Terrail,
auteur et metteur en scène